Les neufs dragons (une enquête de Harry Bosch) - Michael Connelly





Harry Bosch c'est comme un vieil ami à qui l'on rend visite.
On a plaisir à retrouver ses qualités et on se lasse tout doucement de ses défauts.
Or le gros défaut de Michael Connelly, c'est qu'il est inégal.
Parfois les intrigues et leurs dévoilement sont des moments de lectures intenses, des pages-turners inlachables (Les égouts de Los Angeles, La blonde en béton, Le dernier coyote...) autant d'autres sont poussifs et inintéressants au possible (L'envol des anges, Los Angeles river...)
Le problème c'est que Les neufs dragons ne mérite même pas de figurer dans cette deuxième catégorie.
Car même dans les plus mauvais Connelly, lorsque l'intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, on retrouvait au moins la psychologie de Bosch que l'on commençait à connaitre et ses petits problèmes existentiels.

Or ici rien ne tient la route.
L'histoire : en enquêtant sur la mort d'un épicier asiatique, HB découvre très vite que celui ci est racketté par des triades chinoises (!). N'ayant pas confiance dans le policier qui lui est adjoint pour l'aider avec les communautés asiatiques, HB photographie le tatouage sur le pied du macchabée et l'expédie à sa fille de 14 ans qui vit à Hong Kong pour qu'elle le lui traduise (avec une photo de poumon du fumeur, pour vacciner sa fille de toute envie de fumer... no comment). Ni une, ni deux, la fille se fait kidnapper pour que son père relache le tueur supposé. N'écoutant que sa peur (et sa carte Visa), HB saute dans un avion et, nonobstant le décalage horaire, retrouve sa fille en moins de 24 h dans une ville et une langue qu'il ne connait pas...

Bon j'arrête là, les incohérences scénaristiques font tomber le livre des mains, la traduction (comme systématiquement chez ce traducteur de Connelly) comporte quelques anglicismes qu'une relecture attentive devrait permettre d'éviter (mais où sont les lecteurs-correcteurs dans toutes ces boites d'édition, bon sang !?), le racisme anti-asiatique est parfois limite.
Mais surtout, où est passé Bosch ?
Atteint de bougisme "il faut rester dans l'action pour ne pas perdre le fil de l'enquête" ne cesse-t-il de répéter tout au long d'un livre qu'il ne semble faire que traverser. Mais surtout, plus de tension psychologique, plus rien (on est loin, très loin, de l'épaisseur des personnages et des situations des Égouts de Los Angeles, ou du Dernier coyote).
Mais surtout une fois l'ouvrage refermé, l'intrigue est tout simplement pathétique (attention spoiler en vue), les deux affaires n'ayant rien à voir, sa fille ayant simulé un faux enlèvement pour forcer son père à venir pour résoudre la tension adolescente de la peste avec sa mère. Trois claques, oui ! Parce que, pauvre bichette est, in fine, responsable de la mort de sa mère.
Je ne sais pas où Michael Connelly a eu l'idée de pondre un scénario pareil, dans une blague carambar, peut-être...



à qui l'offrir ?

Vous y tenez vraiment ?

Pour prolonger la lecture :

Si vous (n') avez (pas) aimé Les neufs dragons, vous aimerez peut-être :

- les premiers tomes de la série, déjà cités : Les égouts de Los Angeles, La blonde en béton, Le dernier coyote.
Là, un meilleur traducteur, des personnages avec une vraie profondeur, pas comme les ectoplasmes ci-dessus, des intrigues amples, bref des bons polars.



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